Jag vient de classe populaire rurale blanche. Elle parle de la maison où elle a grandit, de ses oncles et tantes et elle raconte les anniversaires à la salle des fêtes, les mariages, le cocon familial dysfonctionnel, la culture télé, l’alcoolisme. Ça parle aussi de folie, de précarité et de violence… Coincée entre deux classes, telle une errante, Jag nous plonge dans un retour au bercail, avec toute la complexité qu’il engendre.
La rencontre entre la langue de Laurène et le phrasé de Jag donne un parler percutant et rythmé, chargé d’un vécu qui touche et qui fait passer du rire aux larmes plus d’une fois. Le spectacle prend la forme d’un stand up qui ne cherche pas à faire rire, un stand up triste. La parole intime, les détails racontés par la personne qui les a vécus, sont un précieux témoignage de l’expérience de transfuge et du classisme qui structure la société. Mais c’est aussi l’histoire de Jag et Johnny, et de comment leur plaisir d’être ensemble leur permet d’échapper au classisme qui conditionne l’amour entre humain·es.
Laurene Marx
Née en 1987, Laurène Marx est une femme trans non-binaire dont l’œuvre tourne autour des thèmes du genre, de la normativité, du rapport à la réalité, de la neuro-atypie et de l’anticapitalisme. À l’âge de seize ans, elle quitte l’école pour écrire, tout en vivant de petits boulots. À l’âge de vingt et un ans, elle découvre Paris, le cinéma et le théâtre et commence à réaliser ses propres films et à mettre en scène ses propres textes. Son rapport à l’écriture et à la politique change définitivement après qu’elle a assisté à une performance d’Alok Vaid-Menon, une activiste trans non-binaire : Elle se promet de ne plus jamais raconter d’histoires inoffensives, mais de s’efforcer de mettre les zones d’ombre en lumière. Ses pièces Transe et Pour un temps sois peu sont publiées aux éditions théâtrales en 2021. En 2022, son texte Borderline love est mis en espace par Fanny Sintès et est publié aux éditions Théâtrales.